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Prism : un pas de plus vers le web en tant qu'OS

Prism est un projet Mozilla, basé sur Firefox, qui permet d'avoir un navigateur dédié à un seul site web -- une seule application web, devrais-je dire.
Cet outil facilite évidemment les usages classiques des bornes interactives intranet/extranet dédiées (catalogues e-commerce, catalogues de bibliothèque, etc.).
Mais surtout, l'outil offre la possibilité de déployer simplement une application web sur n'importe quel poste : Gmail, Google Agenda, Google Docs, Netvibes, Flickr, etc. L'interface, particulièrement dépouillée et bien pensée, donne l'impression que l'application est une application locale. Disparus ! les menus du navigateur, exit ! la barre d'adresse et des boutons de navigation, finis ! les barres de signets : l'application web, rien que l'application web. Les photos d'écran donnent un bon aperçu du résultat.

La fondation Mozilla capitalisant sur son savoir-faire multiplateforme, l'outil sera disponible sous de très nombreux systèmes d'exploitation. Quand on voit ce que proposent en France Linutop ou 9telecom, avec leurs EasyGate et OpenGate, on peut envisager dans quelques mois des net-pc grand public basés sur un OS ultra simplifié et le couple Prism + Firefox pour les applications. Faut-il rappeler les intérêts de ces net-pc : prix de vente, vraie facilité d'usage, consommation électrique très faible, coûts de déploiement et de maintenance, etc.

Un pas de plus vers le web en tant qu'OS ?
(D'autant que Mozilla nous promet encore des innovations pour aller plus loin encore, comme la capacité du futur Firefox 3 de faire fonctionner des applications web en mode déconnecté.)

Le web 2.0 en images ?

Une vidéo sur le web 2.0 ? réalisée par un anthropologue américain ? Depuis quelques semaines, une video circule dans la blogosphère, avec son petit succès. Avant d'aller plus loin, je dois apporter deux petites précisions.

  • Il faut absolument l'écouter avec un casque ; il n'y a aucune parole mais la musique participe fortement à l'efficacité du film.
  • Il faut une solide culture générale web pour tout suivre (l'occasion de réviser ou d'apprendre ;) (Cela dit le spectateur profane retiendra l'essentiel.)

Cette vidéo existe en deux versions :

(Dernière recommandation : il est préférable de l'avoir vu avant de lire mon analyse.)

Mon analyse rapide

D'un côté nous avons une vidéo très efficace :

  • une vidéo qui synthétise l'histoire du web vue du côté technique et des usages
  • une vidéo qui montre, à grande vitesse, la rapidité incroyable des transformations nées du web
  • une vidéo qui fait appel à l'émotion avec des techniques largement empruntées à la publicité

Tout y passe, toutes les innovations incroyables de ces dernières années, des plus visibles (l'hypertexte, les blogs, la cartographie sociale, les wikis, le web 2.0), aux plus discrètes ou techniques -- mais pourtant combien importantes (la wayback machine, xml/RSS, le taging, les techniques de mashup)...

D'un autre, nous avons une vidéo peut-être trop efficace :

  • l'appel à l'émotion limite l'analyse et le sens critique : c'est une vidéo pour convaincre et pas pour enseigner
  • le format court limite les développements et le passage des idées les unes aux autres donne des raccourcis qui méritent discussion

Paroxysme du film, la fin voudrait montrer le web comme une refondation culturelle et même psychique du monde (repenser l'amour, la famille, nous-mêmes). Sans le dire, la vidéo propose naturellement cette refondation dans une vision progressiste positive.

Dans une œuvre à vocation scientifique ou d'enseignement, cette conclusion, nous plongeant dans une ode à la science et à la technique, me paraît vraiment déplacée. On aurait aimé une analyse plus qu'un panégérique... (On verra à dessein les critiques de la technologie effectuées par Aldous Huxley, Jacques Ellul, les théoriciens de la décroissance, etc.)

Au final, je suis stupéfait par la qualité de l'œuvre. Je dois avouer que cette vidéo m'a touché, ému peut-être. Peut-être du fait de mon parcours -- j'ai concrètement participé à nombre des outils décrits ici. Mais je reste aussi suspicieux sur la méthode et les conclusions… dans tous les cas, une vidéo qui ne laisse pas indifférente.

Firefox 2.0 est sorti : 3 bonnes raisons de l'utiliser ?

Bon, Firefox 2.0 est sorti hier... avec son lot de nouveautés.
Faut-il passer à Firefox 2.0 ? Certaines de ses nouveautés existaient déjà sous la forme d'extensions à télécharger (gestion des sessions, etc.). Mais il y a trois fonctions vraiment nouvelles qui me pousse à l'utiliser (presque) sans conditions :

  • la correction orthographique dans les formulaires en ligne (très très pratique pour les wikis ou les billets/commentaires de blogs)
  • les suggestions de recherche : lorsque, via le champs de recherche en haut à droite, vous recherchez un terme, sur Google par exemple, Firefox vous propose des suggestions de termes (très pratique quand on ne connait pas l'orthographe d'un mot ; permet également de sélectionner un mot sans le saisir en totalité ; utile également pour choisir un nom de domaine dont le terme principale n'est pas encore utilisé sur le web)
  • l'abonnement RSS vraiment facilité : pour ceux qui utilisent des lecteurs RSS (en ligne ou hors ligne) Firefox propose maintenant une option d'abonnement aux principaux lecteurs (Bloglines, etc.) directement depuis la page d'accueil des sites contenant un flux RSS ; cette fonctionnalité est plus importante qu'on peut le penser car elle contribue en peu plus encore à populariser les flux RSS auprès du grand public

99% des extensions que j'utilise fonctionnent, sauf, seul ombre au tableau, LiveHTTPHeaders. (Cruel dilemme : attendre ou pas ?)

A vous de voir !...

Wiki sémantique : de quoi parle-t-on ?

[Message de service : cet article est publié dans la catégorie "brouillon" ; démarrage du sujet et point de départ vers des publications ultérieures. (Critiques bienveillantes appréciées.)]

Un wiki sémantique, des wikis sémantiques ? De quoi parle-t-on ?...

(Disons tout de suite que l'association de ces deux termes n'est peut-être pas très heureuse : termes obscurs, mal habillés, paressant tout droit sortis du laboratoire. Pourtant l'usage les consacre, chez les francophones comme chez les anglophones. Laissons ça de côté pour le moment.)

Mais encore ? J'avais proposé, sur CraoWiki en juin 2004, une première tentative de définition. Je la livre ici corrigée et augmentée.

Définition

L'objectif du web sémantique est de permettre un web à très forte valeur ajoutée dans le domaine du sens : un web peuplé de concepts plutôt que de textes. Un wiki sémantique est le prolongement au sens du principe majeur du wiki, ToutLeMondePeutEcrire ; ce que j'ai appelé en d'autres termes ToutLeMondePeutDécrire. Cela veut dire qu'avec un wiki sémantique on pourra créer une espèce de base de données où tous les objets sont liés entre eux par des propriétés, permettant ainsi des recherches complexes non ambigues.

Résumons-nous :

  • le web "classique" : un espace peuplé essentiellement de textes renvoyants les uns aux autres via des hyperliens "pauvres" (tel(s) mot(s) a un lien avec tel texte ; la nature du lien n'est pas explicitée)
  • le web sémantique : un espace peuplé d'objets ayant des relations formalisées entre eux : la nature du lien entre deux choses est explicitée
  • un outil de gestion de contenu "classique" (wiki, blog, CMS) permet d'organiser des textes les uns par rapport aux autres en fonction d'une logique sociale particulière : un carnet personnel (blog), une communauté de connaissance (wiki), etc.
  • un outil de gestion de contenu sémantique permet d'organiser des choses les unes par rapports aux autres, toujours en fonction d'une logique sociale donnée

Partant des usages plutôt que des besoins (nous y reviendrons plus tard), on peut trouver deux sortes de wikis sémantiques.

  • les wikis "sémantisés" : toujours fondés sur le mode page, mais permettant d'élaborer des relations complexes entre les pages. Cette voie est en apparence la plus simple mais elle révèle de nombreuses limites : comment puis-je décrire une page et non le sujet de la page ? etc.
  • les wikis "pleinement" sémantiques : on applique le principe ToutLeMondePeutEcrire à une base de connaissances
    décrivant des objets ; les informaticiens parleraient d'une "base de données objets". La notion de page n'est plus centrale ; une page n'étant plus que le résultat de l'agrégation de connaissances relatives à un objet (qui lui même peut recouvrer un groupe d'objet).

Les applications des wikis sémantiques

Elles sont immenses.

  • élaboration simple de bases de données distribuées complexes : par exemple : des généalogies, des réseaux de personnes, des communautés, des bases de connaissances thématiques semi-structurées, etc.
  • élaboration de micro applications spécialisées en combinant des greffons au wiki sémantique : par exemple : des blogues, des agendas, etc.
  • élaboration d'outils d'agrégation d'information, sur le principe de la centralisation en seul endroit (ou plutôt une seule interface) de données provenant de plusieurs canaux d'information : on pourra voir à ce titre ce qui est proposé par l'outil haystack : http://haystack.lcs.mit.edu/ ; mais on pourra également retrouver des services d'agrégation de données en ligne du type de netvibes.com ou webwag.com

Dans les faits, un wiki sémantique offrant des vues personnalisables en fonction des objets, constitue un fantastique outil de gestion de contenus distribués.
Les wikis sémantiques pourraient être la pierre angulaire, la killer app du web sémantique. Ils pourraient être à la base de l'Entreprise 2.0 (warning : concept fumeux mais bien pratique), où chaque groupe de travail produira des informations riches, standardisées et réutilisables par toute application web.

Développement et perspectives

[à suivre...]

Bref compte rendu de Bar Camp Paris 4

En bref, une grosse bouffée de rencontres et d'idées. Organisation parfaite, merci Mandriva. Je détaillerai plus tard, mais je retiens dans les grandes lignes :

  • l'intérêt suscité sur les wikis sémantiques ; j'en parle depuis 2003, sur CraoWiki et ailleurs, mais je sens maintenant un réel intérêt ; je vais tâcher de publier et d'organiser un peu mieux mes idées et mes expérimentations sur le sujet
  • l'intérêt également pour la Banque 2.0, farce initiée par l'infatigable Christophe Ducamp et moi-même, étonnant brain storming dont nous n'avons pas encore idée de ce qui en sortira
  • le principe vraiment innovant du BarCamp. 1. La diversité des participants m'a frappé : de nombreux geeks en herbe et confirmés bien sûr, mais aussi des banquiers, des investisseurs, des gens de marketing ou de la communication, des idéateurs de tous poils, etc. 2. La concentration de sujets connexes et des expertises est réellement efficace. -- Je gage de la réussite de ces rencontres ; il faudra regarder de près les projets qui en sortent

Web sémantique : risquer une définition en une ligne ?

Disons le franco, concernant le web sémantique, il est moins risqué de publier un article cryptique de quelques pages qu'une définition de quelques mots... il y a de bonnes raisons que j'analyserai plus tard. (En attendant, je tente ma chance.)

Le web est un espace de publication décentralisée de documents multimédia hypertextes.
Le web sémantique est une base de connaissances décentralisée et agile fondée sur le web.

Oui. C'est un peu court et je n'ai pas dit grand chose... alors je remouille ma chemise et propose une ligne supplémentaire de reformulation métaphorique.
Le web est une collection de documents, en quelque sorte une bibliothèque.
Le web sémantique est une somme de connaissances, en quelque sorte une encyclopédie.

Tentative ultime et sournoise, une petite resucée sur les caractères et les usages.
Le web est trivial mais pauvre et ne permet que des recherches documentaires sur la base de mots-clés.
Le web sémantique est moins immédiat mais plus riche, permettant des recherches de connaissances sur la base de concepts précisément identifiés.

Il y a encore tant à dire... dévoilons tout de suite mon objectif : produire prochainement avec le moins de mots possible le web sémantique pour les nuls. Rien que ça.
(Soyez vigilants, après ce petit échauffement je sort les flingues...)

Web 2.0 : Eric van der Vlist met tout le monde d'accord ?

La notion d'un web "2.0" a fait couler beaucoup d'encre, les uns criant au non-sens et les autres à la révolution... quand en outre on voit la qualité des intervenants et des interventions, on peut se demander s'il est utile d'y revenir et si une synthèse intéressante est possible ? (A tel point que même les meilleurs ont douté...)

Ne cherchez plus ! Eric van der Vlist met tout le monde d'accord avec une synthèse remarquable, dépassionnée mais tout à fait lucide sur le sens du terme et les enjeux socio-techniques qu'il recouvre.

Je ne résiste pas au plaisir de publier ce petit extrait, qui explique en soit tout l'intérêt du concept et la très certaine pérenité de son usage : Au-delà de l'aspect marketing du terme qui irrite les puristes, il traduit un formidable bouillonnement d'idées, de pratiques et de nouvelles utilisations. Le fait même que son contour soit encore flou montre que tout est encore ouvert et que le web continue à faire la part belle aux initiatives personnelles. Le message du Web 2.0 est un message d'espoir.

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