Prism : un pas de plus vers le web en tant qu'OS

Prism est un projet Mozilla, basé sur Firefox, qui permet d'avoir un navigateur dédié à un seul site web -- une seule application web, devrais-je dire.
Cet outil facilite évidemment les usages classiques des bornes interactives intranet/extranet dédiées (catalogues e-commerce, catalogues de bibliothèque, etc.).
Mais surtout, l'outil offre la possibilité de déployer simplement une application web sur n'importe quel poste : Gmail, Google Agenda, Google Docs, Netvibes, Flickr, etc. L'interface, particulièrement dépouillée et bien pensée, donne l'impression que l'application est une application locale. Disparus ! les menus du navigateur, exit ! la barre d'adresse et des boutons de navigation, finis ! les barres de signets : l'application web, rien que l'application web. Les photos d'écran donnent un bon aperçu du résultat.

La fondation Mozilla capitalisant sur son savoir-faire multiplateforme, l'outil sera disponible sous de très nombreux systèmes d'exploitation. Quand on voit ce que proposent en France Linutop ou 9telecom, avec leurs EasyGate et OpenGate, on peut envisager dans quelques mois des net-pc grand public basés sur un OS ultra simplifié et le couple Prism + Firefox pour les applications. Faut-il rappeler les intérêts de ces net-pc : prix de vente, vraie facilité d'usage, consommation électrique très faible, coûts de déploiement et de maintenance, etc.

Un pas de plus vers le web en tant qu'OS ?
(D'autant que Mozilla nous promet encore des innovations pour aller plus loin encore, comme la capacité du futur Firefox 3 de faire fonctionner des applications web en mode déconnecté.)

Donne : 5 invitations sur pownce.com

Je donne 5 invitations pour pownce.com, le nouveau service de "social-micro-blogging" en beta : faites-moi la demande dans les commentaires ou par mail si vous êtes intéressés.

Au passage, je signale deux excellentes références sur Pownce :

  • la traduction française par Christophe Ducamp d'un long billet de Jeremy Keith, qui replace pownce.com dans la galaxie des services existants
  • un billet de PPC expliquant notamment ce qui fait la qualité de Pownce par rapport à Twitter : La vraie nouveauté de Pownce réside dans la gestion du partage en intégrant la notion de gradient d'intimité. Avec Pownce, vous pouvez partagez instantanément ce que vous voulez avec un ami, certains de vos contacts, un groupe spécifique de contacts, ou même tous vos contacts.

Oups, dernier détail, ma page publique sur pownce.com : http://pownce.com/carlito/public

Sensation, consommation et environnement

Dans la lignée de mon précédent article sur la consommation électrique, j'ai découvert un objet formidable et terrible -- j'en veux un ! --, m'incitant encore à consommer plus pour consommer moins. (Très développement durable, non ? Tiens, il faudra bien que j'écrive ce fichu billet sur la mode des oxymores, la novlangue positiviste, les débuts du totalitarisme et la schyzophrénie conséquente...)

Cet objet est une multiprise coupe-veille, tout à la fois belle et bien pensée. Elle permet tout d'abord de rendre visible la consommation de courant : les prises "en fonction" sont identifiées par une lumière bleue. Elle permet ensuite d'agir simplement sur cette consommation, en intégrant, pour chaque prise, un interrupteur discret et particulièrement accessible. Peut-être l'objet gagnerait-il encore en efficacité si le témoin lumineux pouvait varier d'intensité, voir de couleur, selon l'importance de la consommation ?

Disons le enfin, cet appareil n'est pas en vente -- repoussant encore pour quelques temps mes interrogations introductives. Je pense que ce genre d'objet innovant va faire des petits et connaître un grand succès ces prochaines années.

Évidemment, on peut regretter que ce coupe-veille n'est finalement qu'un vecteur de consommation pour en éviter un autre ; on tourne en rond et le problème de veille des appareils n'est pas pris à la racine -- la conception même des appareils. (Le problème même de la consommation, dont je parlais dans mon précédent billet, n'est donc toujours pas éludé.)
Mais il faut peut-être voir un certain espoir dans l'idée qui soutient cet appareil : rendre visible, rendre sensible notre consommation électrique et, par la même, mieux prendre conscience des impacts de nos gestes sur l'environnement. On en n'est certes pas encore à des compteurs de CO2, mais l'idée a sans doute besoin de faire son chemin.

Je ne résiste pas au plaisir de citer à nouveau Jean-Philippe Pierron, dans Les nouvelles noces de l'Homme et de la Terre (Études, avril 2007) : le rapport technologique à la nature est tellement médiatisé, que nous ne savons littéralement pas ce que nous faisons, au sens fort, puisque nous ne le sentons pas (qui ressent directement le lien de cause à effet entre l'usage de son automobile, l'émission de gaz à effet de serre et les dérèglements climatiques ?)

MousseParisWikiSémantique #3

Après l'annulation de l'édition 2006 faute d'organisateurs ;-), le cru 2007 des fameuses MoussesParisWikiSémantique s'annonce comme un grand millésime.

Ambiance détendue et très informelle. Pas de vidéoprojecteur, pas de tableau blanc... seulement quelques bières et tout votre enthousiasme, ou votre curiosité. Thème non restrictif, la règle c'est qu'il n'y a pas de règle (principe essentiel des MoussesParis).

C'est surtout l'occasion de rencontrer dans la réalité nos connaissances numériques. Alors venez nombreux !

On peut s'inscrire (ou pas), sans obligation : ici ou .

Wattmètre et consommation

Je suis depuis quelques jours le possesseur horrifié d'un wattmètre. Cet appareil, d'une trentaine d'euros, fort bien conçu, mesure une foule de choses dont la tension électrique, la puissance d'un appareil, sa consommation, etc. Après quelques minutes de paramétrage, il peut même calculer directement le coût de consommation en euros d'un appareil, en tenant compte des heures pleines et des heures creuses.

Si je suis tout à la fois horrifié et plein d'enthousiasme, c'est qu'une première batterie de mesures me permet d'observer que plus de 15% de ma consommation d'énergie électrique annuelle l'est par des appareils en veille. 15%, dans un contexte où nous nous chauffons également en électrique, c'est un chiffre très élevé. Dans un rapport un peu simpliste, ramené à la production française d'électricité (19 centrales nucléaires fournissant 80% de l'électricité) c'est donc environ l'équivalent de 2 centrales nucléaires.

Comment en est-on arrivé là ?

1. Tout d'abord, certains appareils sont conçus de telle manière qu'il n'est pas possible de couper leur alimentation autrement qu'en débranchant leur prise. Ils connaissent généralement 2 modes de fonctionnement : en marche et en veille, la veille étant bien sûr consommatrice de courant. Je citerai un seul exemple, actuellement le plus mauvais élève de mes appareils, la Freebox HD qui consomme pas moins de 23 Watts en veille.
2. Plus pernicieux, certains appareils possèdent bien un bouton d'arrêt, en plus du mode veille, mais qui néanmoins consomme dans cette position arrêtée. Mon écran Acer 99sl, par exemple, pourtant bardé de logo "green" et tutti quanti, consomme respectivement :

  • 134 Watts en fonctionnement pour 135 annoncés
  • 11,7 Watts en veille pour 2 Watts annoncés (mise en veille par le PC)
  • et 7 Watts après avoir appuyé sur le volumineux bouton mécanique en façade !

Négligence, incompétence énergétique ou désir de tromper le client à travers un artifice ergonomique ?
3. D'autres enfin, très proche de la première catégorie, ont un interrupteur de marche/arrêt qui coupe réellement l'alimentation... mais placé à un endroit tellement saugrenu qu'il est en pratique inutilisable. J'en veut pour preuve notre imprimante Samsung ML-1610 (et oui je balance encore), dont le bouton placé à l'arrière est inaccessible dans notre configuration de bureau... (et c'est encore 21 Watts de consommation en veille -- contre 6 annoncés !).

Nous voyons donc dans cette affaire deux problèmes distincts (qui peuvent se cumuler) :

  • un problème d'ergonomie, sans doute lié à des coûts de fabrication, qui entraîne l'absence ou l'inaccessibilité de l'arrêt total de l'alimentation d'un appareil
  • un problème énergétique, peut-être lié à une négligence du constructeur, avec des appareils dotés de vrai-faux interrupteurs d'alimentation (naïvement, je suppute que le constructeur est honnête).

Comment arrêter ce gaspillage ?

Dans les deux cas, le coût écologique de ses appareils est reporté sur l'ensemble de la société. Quand on connaît le surcoût dérisoire d'un (véritable) interrupteur sur un appareil de quelques centaines d'euros, plusieurs questions me viennent à l'esprit. Les causes mêmes de cet état de faits ne me paraissent pas tranchées : incompétence ? négligence ? appât du gain ? pire : inconscience ? Car enfin, qu'en est-il réellement de la soit-disante prise de conscience de l'écologie ? Il est plutôt probable que cette prise de conscience soit extrêmement lente :

  • pour une raison sociologique tout d'abord : les changements profonds de mentalité sont toujours très longs
  • pour une raison culturelle : la technique moderne, en émiettant les tâches et en standardisant les protocoles, éloigne notre capacité d'initiative et la visibilité de ses conséquences, de telle sorte que ses effets sociaux et environnementaux ont pris le visage de la nécessité (on n'y peut rien !) ou d'un nouveau destin (Jean-Philippe Pierron : Les nouvelles noces de l'Homme et de la Terre, in Études, avril 2007.)
  • pour une raison strictement psychologique enfin : le rapport technologique à la nature est tellement médiatisé, que nous ne savons littéralement pas ce que nous faisons, au sens fort, puisque nous ne le sentons pas (qui ressent directement le lien de cause à effet entre l'usage de son automobile, l'émission de gaz à effet de serre et les dérèglements climatiques ? (Ibid.)

Que peut-on donc faire ? Faudra-t-il un jour taxer les défauts énergétiques et ergonomiques ?
Dans une attente plus qu'incertaine, je crois tout d'abord à un certains pouvoir du consommateur. (Le web pourrait de surcroît permettre à des consommateurs de conjuguer leurs efforts d'information et d'action.)

Enfin, je crois aussi qu'à un moment ou un autre, que l'on soit un individu, une organisation, une nation voire même l'espèce humaine dans son ensemble, on ne pourra pas faire l'économie de la question même de la consommation.

ASI !?! Ah non !

L'émission hebdomadaire Arrêt sur Images, sur France 5, a été supprimée dans des conditions particulièrement indignes et douteuses.

Oui, remuante, énervante, parfois peut-être fleuretant avec les mêmes limites qu'ils souhaitaient dénoncer. Mais réussissant, sans pareil, à rendre notre cerveau un peu moins disponible...

Une pétition s'est mise en place. Cela va-t-il changer grand chose ? peut-être une forme de remerciement ?
Dernière remarque, la fine équipe sévit encore sur la toile : http://www.bigbangblog.net/

Amusons nous avec RDFa... et Operator

Il n'y a pas que Gautier Poupeau qui s'amuse avec RDFa ! Ce dernier le fait avec brio dans un article, comme toujours, on ne peut plus clair, didactique et accessible. Pour de viles raisons matérielles, je vais être beaucoup plus court et technique.

Il ne vous a peut-être pas échappé qu'Operator 0.8a est sortie. Cette extension pour Firefox détecte les métadonnées de chaque page web et permet de réaliser des actions diverses sur ces métadonnées ; par exemple, la description des coordonnées géographiques d'un lieu permettra de visualiser ce lieu dans Google maps, d'un simple clic. Operator utilisait jusqu'à présent les microformats, mais la 0.8a introduit la possibilité de traiter des entités décrites en RDFa.

Operator est extensible via des scripts, permettant de définir des comportements selon les métadonnées de la page.

J'ai donc pris mon plus bel éditeur et, le temps d'analyser l'API (fort mal documentée), développé en quelques heures un script capable d'ouvrir le fichier FOAF d'une personne via Foaf Explorer. Le script fonctionne sous 2 conditions : l'entité décrite est du type foaf:Person et elle est définie par une URI externe (précisée par la propriété rdfs:idDefinedBy).

Je publie le code ci-dessous. Si vous avez réussi à lire jusqu'ici sans lâcher, je ne vous fait pas l'affront de vous expliquer comment l'installer. Je vous propose en revanche de le tester sur la page suivante... Notez enfin que le code est sans doute encore très perfectible.

Profitez seulement !


/***
/* launch_foaf_explorer 0.3 by Charles Nepote  (2007-06-14)
   Licence GPL v. 2.
   
   launch_foaf_explorer is a script for the Firefox Extension Operator 0.8a
   (see http://www.kaply.com/weblog/2007/06/04/operator-08a-is-available/ )

   It launch the Foaf file of a given resource on 2 conditions :
  -- the resource is a foaf:Person
  -- the resource is defined by an external URI with the rdfs:isDefinedBy property
*/

var foaf_explorer = {
  /* description : will be shown as an action for a given subject */
  description: "Show with Foaf Explorer",
  /* icon : ? */
  /* icon: "http://xml.mfd-consult.dk/images/foaf-explorer.32.png", */
  scope: {
    semantic: {
      "RDFa" :  {
        /* property which is concerned by this action */
        property : "http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#type",
	defaultNS : "http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#",
      }
    }
  },
  doAction: function(semanticObject, semanticObjectType) {
    if (semanticObjectType == "RDFa") {
      var so = semanticObject;
      var isDefinedBy = so.model.getProperty(so.subject, "http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#isDefinedBy");
      /* If the object is a foaf:Person and is defined by an external URI (rdfs:isDefinedBy) */
      /* then launch the foaf file with foaf explorer */
      if (so.type == "http://xmlns.com/foaf/0.1/Person" && isDefinedBy) {
        /* alert (so.type); /* debug */
        return "http://xml.mfd-consult.dk/foaf/explorer/?foaf=" + isDefinedBy;
      }
    }
  }
};

SemanticActions.add("foaf_explorer", foaf_explorer);

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